Les signaux qui remontent du secteur bancaire russe deviennent de plus en plus préoccupants. Selon les dernières données de la Banque centrale de Russie, le déficit structurel de liquidité du secteur bancaire a atteint 3 283 milliards de roubles au 1er octobre, contre 2 976 milliards seulement deux jours auparavant.
Dans le même temps, les établissements financiers ont recours massivement aux opérations de refinancement de la Banque centrale. Le volume des opérations de pension livrée — les fameux « repos » — atteignait près de 5 916 milliards de roubles au 1er octobre. Les banques ont également obtenu plus de 1 700 milliards de roubles de prêts garantis par des actifs non négociables.
Ces chiffres montrent surtout à quel point le système financier russe dépend désormais de la liquidité fournie par son propre régulateur.
Et la pression ne vient pas uniquement du marché intérieur.
Washington a également frappé un important réseau financier lié à la Russie. Le Trésor américain a placé A7 Network sous sanctions, accusant cette structure d’avoir servi à contourner les sanctions internationales et à faciliter des transferts liés à l’Iran. FinCEN a en parallèle proposé de nouvelles restrictions visant les transactions impliquant les sous-agents du réseau.
A7 avait précisément été développée comme une alternative aux infrastructures financières occidentales. Sa mise sous pression complique donc davantage les mécanismes utilisés par les entreprises russes pour effectuer des paiements internationaux hors des circuits traditionnels. Reuters rapporte que la plateforme conteste les accusations américaines et affirme continuer ses activités en Russie.
À l’intérieur du pays, la situation mérite également une attention particulière. Une nouvelle détérioration de la liquidité pourrait pousser les banques à solliciter encore davantage la Banque centrale, tandis qu’une hausse des retraits de liquidités par les particuliers et les entreprises exercerait une pression supplémentaire sur leurs bilans.
Le véritable point de rupture serait atteint si les tensions financières commençaient à se traduire par des difficultés opérationnelles visibles : retraits ralentis, restrictions sur certaines opérations, besoin accru de financement d’urgence ou intervention exceptionnelle du régulateur.
Pour l’instant, les chiffres montrent surtout une chose : le système bancaire russe a besoin de volumes considérables de liquidité pour continuer à fonctionner normalement. Et plus cette dépendance s’accroît, plus le coût du maintien de la stabilité financière devient lourd pour Moscou.
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