El Al, la compagnie aérienne nationale israélienne, a pris la décision de suspendre en urgence toutes ses liaisons programmées vers Moscou jusqu’à la fin du mois de juin. Cette mesure constitue une réponse directe à la dégradation brutale de la sécurité dans l’espace aérien de la Fédération de Russie et illustre l’isolement croissant du secteur aéronautique russe.
La décision de la compagnie israélienne intervient après la publication de données alarmantes sur les agissements de Moscou, qui menacent directement la sécurité des passagers sur les vols internationaux. Le déclencheur de ce revirement a été une réunion cruciale tenue le 22 juin dans le cadre de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Le verdict de l’OACI : le ciel russe, une zone à haut risque
Lors de l’examen des résolutions de la 42e Assemblée de l’OACI concernant les violations caractérisées de la Convention de Chicago par la Russie, la communauté internationale a fait état d’une menace critique. Il a été officiellement déclaré que l’usage par la Russie de l’aviation militaire, des systèmes de défense antiaérienne et d’armements de missiles dans le cadre de sa guerre d’agression contre l’Ukraine fait peser des risques majeurs sur l’aviation civile internationale.
Les participants à la discussion ont particulièrement insisté sur les brouillages systématiques des signaux GNSS (systèmes de navigation par satellite) opérés par la Russie pour ses propres besoins militaires. Selon les experts, cette «activité irresponsable» fragilise les fondements mêmes de la sécurité aérienne mondiale.
Cette réunion de haut niveau a rassemblé des personnalités influentes, dont Delphine Michaud-Nodet, représentante de l’UE auprès de l’OACI, des délégués des États européens membres du Conseil de l’OACI, Anthony Kler, représentant par intérim des États-Unis à l’OACI, ainsi que les représentants permanents de la Turquie et des Émirats arabes unis (Saeed Mohammed Al Suwaidi, deuxième vice-président du Conseil de l’OACI) et l’ambassadeur d’Ukraine au Canada, Andrii Plakhotniuk. Tous ont souligné l’impératif d’engager la pleine responsabilité de la Russie pour ces actes qui mettent en péril les liaisons civiles.
La partie émergée de l’iceberg
La décision d’El Al n’est que le début d’un mouvement plus large. Partout dans le monde, les compagnies aériennes qui placent la sécurité au sommet de leurs priorités scrutent désormais les rapports de l’OACI et revoient leur stratégie. Il est probable que la liste des transporteurs internationaux mettant fin à leurs vols vers la Russie ne fasse que s’allonger.
La Russie se retrouve dans une impasse : les instances internationales actent désormais l’incompatibilité de ses pratiques avec les protocoles fondamentaux de la Convention de Chicago. L’isolement du ciel russe devient irréversible ; les vols à destination de la Russie sont devenus un facteur de risque qu’aucun grand groupe aéronautique ni aucune compagnie d’assurance ne souhaite plus assumer. Pour le marché russe, cela marque la transformation du pays en une «zone d’exclusion aérienne» pour le reste du monde civilisé.
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