Le marché boursier russe poursuit sa chute, tandis que les investisseurs intègrent de plus en plus le scénario d’une profonde crise macroéconomique et de graves difficultés pour les entreprises les plus vulnérables du pays.
Selon The Moscow Times, l’indice de la Bourse de Moscou recule pour la 17ᵉ semaine consécutive. Lors des échanges du 7 juillet, il est tombé à 2 117,5 points, son niveau le plus bas depuis décembre 2022. Depuis le début de l’été, l’indice a perdu près de 16 %, et environ 40 % par rapport à son pic atteint en mai 2024.
Les analystes estiment que le pessimisme des marchés s’accentue. Au lieu d’un règlement diplomatique du conflit en Ukraine, les investisseurs constatent une escalade des hostilités. Les frappes répétées contre les infrastructures pétrolières russes alimentent les craintes d’une hausse de l’inflation, ce qui pourrait pousser la Banque centrale de Russie à relever une nouvelle fois son taux directeur.
Les actions de Gazprom ont encore reculé de 3 % le 7 juillet et affichent une baisse de 21 % depuis le début du mois de juin, atteignant leur niveau le plus faible depuis octobre 2008. Les titres de VTB ont perdu plus de 7 % en une semaine, enregistrant un nouveau plus bas historique sur fond d’inquiétudes concernant la stabilité du secteur bancaire.
Les actions de Gazprom Neft ont chuté de 8,3 % après les attaques de drones contre les raffineries d’Omsk et de Moscou. Selon les informations disponibles, la raffinerie de Moscou ne devrait pas reprendre ses activités avant 2027, tandis que le coût des réparations est estimé à près d’un milliard de dollars.
Les actions du distributeur d’électronique M.Video ont également atteint leur plus bas niveau depuis 2009, après une forte baisse des ventes et d’importantes pertes financières annoncées par l’entreprise.
D’autres grandes sociétés russes ont également enregistré des pertes, notamment Sberbank, Rosneft et le producteur d’or Polyus.
Les spécialistes estiment que les marchés anticipent désormais un scénario de crise économique majeure, un sentiment qui s’est encore renforcé après les frappes contre la raffinerie d’Omsk.
Selon les analystes, un véritable retournement de tendance nécessiterait des avancées concrètes vers un règlement de la guerre en Ukraine. Toutefois, le Kremlin affirme vouloir poursuivre son offensive, tandis que les déclarations évoquant une résolution rapide du conflit n’influencent plus les marchés.
D’après des sources de Financial Times proches du Kremlin, Vladimir Poutine aurait demandé à l’armée d’achever la prise du Donbass d’ici la fin de 2026. Les mêmes sources estiment que Moscou ne s’attend pas à l’ouverture de véritables négociations de paix avant 2027.
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