Home Monde Même l’Arctique est laissé sans protection : la Russie redéploie massivement sa défense antiaérienne
Monde

Même l’Arctique est laissé sans protection : la Russie redéploie massivement sa défense antiaérienne

Share
Share

La Russie réduit sa défense antiaérienne dans l’Arctique en redéployant une partie de ses systèmes vers Moscou et d’autres régions régulièrement visées par les drones ukrainiens. C’est ce qu’indique Radio Free Europe/Radio Liberty, citant une analyse d’images satellites.

Selon cette enquête, les forces russes ont retiré des systèmes S-300 et S-400 de plusieurs positions stratégiques situées dans le Grand Nord. Sur la base aérienne de Rogatchevo, dans l’archipel de la Nouvelle-Zemble, où une défense antiaérienne était déployée depuis 2015, la majorité des lanceurs avaient disparu au 6 juillet.

Une situation similaire a été observée à Severodvinsk, sur les rives de la mer Blanche, où sont construits et entretenus les sous-marins nucléaires russes. D’après les images satellites, près d’une vingtaine de systèmes S-300 et S-400 ont été retirés des positions qui protégeaient depuis des années l’un des principaux sites militaires du pays.

Les analystes estiment qu’une partie de ces systèmes a probablement été redéployée vers Moscou et d’autres régions devenues des cibles fréquentes des attaques de drones.

Depuis 2023, plus de 100 systèmes de défense antiaérienne ont été installés autour de la capitale russe. En 2025, 43 nouvelles tours équipées de systèmes Pantsir-S1 y ont également été construites.

Des positions présumées de systèmes S-400 ont notamment été identifiées dans le parc Moskvoretski, dans le quartier de Kountsevo, près du stade Medik et à proximité du centre d’innovation de l’Université d’État de Moscou.

La Russie renforce également la protection des sites liés aux plus hautes autorités. Des systèmes de défense antiaérienne ont ainsi été déployés près de la résidence de Vladimir Poutine à Valdaï, dans la région de Novgorod, où 27 tours destinées aux systèmes Pantsir ont été construites avant mars 2026.

Par ailleurs, des images satellites montrent la présence de systèmes S-400 à proximité de la raffinerie de Saratov, visée à plusieurs reprises par des drones depuis le début de l’année 2025.

Selon Katarzyna Zysk, professeure à l’Institut norvégien d’études de défense, ces redéploiements illustrent le déséquilibre entre le nombre de sites stratégiques que la Russie doit protéger et les moyens de défense antiaérienne dont elle dispose.

Elle souligne toutefois que le retrait de certains systèmes de l’Arctique ne signifie pas que la région est totalement dépourvue de défense aérienne. Il pourrait plutôt indiquer que Moscou estime le risque d’une attaque majeure dans cette zone relativement faible et accepte d’y réduire temporairement son niveau de protection.

D’après les estimations d’analystes OSINT, la Russie a déjà redéployé environ 60 % de ses systèmes S-300 et S-400 depuis leurs bases permanentes depuis le début de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine. Une partie de ces systèmes continue néanmoins d’assurer la protection des silos de missiles nucléaires et des bases de l’aviation stratégique.

Selon des informations antérieures, après la frappe réussie de drones ukrainiens contre la raffinerie de Kapotnia, près de Moscou, le commandement militaire russe a commencé à transférer des systèmes de défense antiaérienne supplémentaires afin de renforcer la protection de la capitale, y compris en les retirant de zones proches de la ligne de front.

Share

Leave a comment

Залишити відповідь

Ваша e-mail адреса не оприлюднюватиметься. Обов’язкові поля позначені *

Related Articles

Frappe à 1 300 km : Le dépôt stratégique de Rosrezerv en Udmourtie ravagé par les flammes

Les Forces de défense ukrainiennes étendent méthodiquement leur champ d'action au cœur...

Attaque d’envergure du SBU : Navires iraniens, radars S-400 et QG du FSB pulvérisés

Le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) a porté une série de coups...