Les partis de gauche berlinois ont une réponse radicale à la crise du logement qui s’aggrave dans la capitale : confisquer les biens des grands groupes immobiliers qu’ils accusent de ruiner la ville.
Ce projet est devenu le sujet le plus controversé de l’élection qui se tient dimanche. Une coalition de partis de gauche est en position de battre le maire conservateur de la capitale allemande et pourrait ainsi faire élire le premier maire d’extrême gauche depuis la chute du mur de Berlin.
« La question du logement est le problème social central de notre ville, et j’ai toujours dit que, si je deviens maire, je mettrai tout en œuvre pour rendre Berlin abordable à nouveau et faire baisser les loyers », a déclaré Elif Eralp, tête de liste du parti Die Linke.
Son parti d’extrême gauche conserve une légère avance dans les sondages à l’approche du scrutin de dimanche à Berlin, juste devant l’Union chrétienne-démocrate (CDU) du chancelier Friedrich Merz, qui détient actuellement la mairie. Si Die Linke parvient à l’emporter, elle devrait diriger une coalition de partis de gauche excluant les conservateurs, qui se sont opposés à ces projets.
Die Linke, dont une partie de l’histoire remonte au parti communiste d’Allemagne de l’Est, connaît un regain politique après avoir séduit une nouvelle vague d’électeurs jeunes mobilisés par la montée de l’extrême droite. Pour sa campagne berlinoise, le parti s’est inspiré du maire de New York, Zohran Mamdani, en plaçant les questions de pouvoir d’achat au cœur de son programme.
Autrefois connue pour ses loyers bas qui avaient favorisé une culture internationale et bohème, Berlin fait face depuis plusieurs années à une crise du logement particulièrement aiguë. Moins d’un habitant sur six est propriétaire de son logement, tandis que les loyers ont augmenté d’environ 70 % au cours de la dernière décennie.
Die Linke fait campagne sur un projet d’expropriation des biens appartenant aux sociétés immobilières qui détiennent plus de 3 000 appartements. Cette idée bénéficie d’un large soutien dans une ville historiquement ancrée à gauche.
Près de 60 % des électeurs s’étaient prononcés en faveur de l’expropriation des grands groupes immobiliers lors d’un référendum en 2021. L’organisation à l’origine de ce référendum estime que la ville pourrait racheter de force jusqu’à 220 000 appartements pour un maximum de 60 % de leur valeur marchande, soit un total de 18 milliards d’euros. Selon ses promoteurs, cette somme pourrait être récupérée par la ville sur un siècle grâce aux revenus locatifs.
Stefan Evers, tête de liste de la CDU à Berlin, affirme que la crainte d’une victoire de Die Linke cause déjà des dommages au marché immobilier de la ville.
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