Donald Trump a brandi l’une de ses armes favorites mercredi en menaçant de riposter durement si l’Union européenne ouvrait la porte au Canada en tant que membre associé.
Le président américain a déclaré aux journalistes qu’il pourrait imposer de « sérieux droits de douane » – voire interrompre certains échanges commerciaux avec l’Europe – si l’intégration du Canada au sein des Vingt-Sept lui paraissait hostile aux États-Unis, alors même qu’une guerre commerciale oppose déjà Washington et Ottawa.
Il a qualifié de « ridicule » l’idée d’un statut d’associé pour le Canada, proposition avancée plus tôt dans la journée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l’état de l’Union.
« Le Canada a toujours été un très mauvais partenaire commercial », a déclaré Trump à l’aéroport de Charlotte, en Caroline du Nord. « Si je considère que c’est un geste hostile, je n’hésiterai pas à frapper l’Europe de droits de douane très élevés ou à suspendre une partie de nos échanges. »
Il a toutefois laissé une porte ouverte : si la démarche lui semblait motivée par de « bonnes intentions », il pourrait l’accepter. Dans le cas contraire, a-t-il prévenu, l’Europe devrait s’attendre à des tarifs « très lourds ».
Ursula von der Leyen a évoqué pour la première fois l’idée de faire du Canada le premier membre associé de l’UE en présence du Premier ministre canadien Mark Carney. « J’aimerais travailler avec vous pour ouvrir cette porte au Canada », a-t-elle déclaré, tout en annonçant une « Alliance pour l’avenir » élargissant l’accord commercial déjà existant entre l’UE et Ottawa.
La proposition a surpris plusieurs capitales européennes. Du côté canadien, les responsables semblent prendre leurs distances. Le futur ambassadeur du Canada auprès de l’UE, Jonathan Wilkinson, a rapidement relativisé : « Nous n’en sommes pas là. Notre priorité, c’est d’obtenir des résultats concrets. »
Ces propos de Trump interviennent alors que le Canada cherche à réduire sa dépendance économique vis-à-vis des États-Unis dans un contexte de tensions commerciales croissantes. Mark Carney a plaidé pour une « alliance unique » avec l’Europe, sans pour autant se prononcer clairement en faveur d’un statut d’associé.
Le Premier ministre canadien doit s’exprimer devant le Parlement européen jeudi.
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